Les malheurs de Katia
Quelle idée pouvais-je bien me faire de la Russie le 14 mai 1960 après avoir été voir au cinéma de Colombes « Katia » ? Ce film serait certainement tombé complètement dans l’oubli s’il n’avait pas bénéficié de la collaboration d’acteurs de premier plan tels Curd Jürgens et Romy Schneider dont les visages respirent la jeunesse, la gloire et toute la brillance artificielle dont était capable le cinéma de ces années-là. La notice qui concerne ce cinéaste est par ailleurs explicite sur le cosmopolitisme qui sous-tend sa vie : « C'est en Allemagne que le maitre du film noir Robert Siodmak, issu d'une famille polonaise, passe son enfance. Petit-fils du rabbin Abraham Siodmak, père de 21 enfants, et fils de l'inventeur Ignatz Siodmak, le jeune Robert est un élève de niveau médiocre. Après avoir été à l'université, il fait un peu de théâtre puis devient banquier dans les années 20. C'est en signant les intertitres allemands de films muets américains ...