Vers Lourdes, l’Espagne et un autre pèlerinage familial les 21 et 22 août

 « Ce matin voyage de Tarbes à Saux, puis Lourdes ».

Il me faut regarder « Google maps » pour retrouver ce chemin dont je ne garde, contrairement à la nuit étoilée précédente, aucun souvenir.

« Puis, montée au Pic du Jer en funiculaire pour dominer la ville. Comme il faisait un temps superbe, nous avons pu apercevoir jusqu’aux Monts d’Ariège à 180 kilomètres, les environs de Toulouse, Tarbes, Pau, Lacq et les Pyrénées. »





J’ai peut-être exagéré sur les distances et les visibilités, mais il est vrai que les forages de Lacq constituaient à l’époque une des fiertés industrielles françaises, depuis le retour à l’industrialisation du début des années cinquante.

L'actualité aidant, je prends conscience que le déclin industriel est venu depuis, avec  la fermeture de l'exploitation, mais qu'une relance fondée sur les terres rares est  en cours. 

Je ne surprendrai personne si, dans le contexte religieux de l’époque, mes grands-parents m’ont emmené de nouveau dans l’après-midi vers la Basilique souterraine et la Grotte.

Quant à la soirée de ce dimanche, la procession fut inévitable, même si le 15 août était derrière nous ! Mais les personnes handicapées, en fauteuil ou sur des béquilles, restaient nombreuses à cette période de l’année ! 




Même si le lendemain, après une nuit passée chez une cousine de mon grand-père, nous y sommes retournés pour prendre de l’eau « miraculeuse et bénite » de la « Source de l’Immaculée conception » (Il y en avait toujours une fiole à Colombes, en compagnie d’une statue phosphorescente de la Vierge et de pastilles à l’eau sacrée), ce sont les moments passés avec la cousine en question qui m’ont le plus marqué par leur caractère mystique.

D’après la tradition familiale et le témoignage des voisins présents, elle avait un « don de voyance » qu’elle mettait en œuvre grâce à un pendule.

J’avoue là encore ne rien me souvenir, ni des questions, ni des réponses, mais entre les miracles de la Grotte et les mystères de la cousine, j’ai conformé mon impression d’un ailleurs dont mes parents, ni même les prêtres-ouvriers du catéchisme communisant de Colombes, ne m’avaient pas laissé soupçonner l’existence !




Je me félicite que le voyage vers la Péninsule ibérique ait lieu à l'intérieur d'un train « panoramique à sièges orientables et confortables ». 

Trajet par étapes surprenantes le long du Gave, puis à travers Pau, à proximité de Lacq et de ses « brûlots allumés au-dessus des réservoirs de gaz, des tas de soufre et des derricks de pétrole ».



Bassin de Lacq en 1957

Cheminement le long de l’Adour qui structure la région jusqu’à Bayonne et son port.

Changement de train pour longer la côte basque, l’étang de Mouriscot, Guétary, Biarritz et ses plages océaniques, Saint Jean de Luz, son port et au lointain, derrière la Maison de l’Infante Marie Thérèse d'Espagne, les Monts de la Rhune et du Jayzauibel.

Et enfin Hendaye – plage où nous sommes allés saluer des amis de mon grand-père.

Il faut dire que le nombre d'amis ou de connaissances de mon grand-père le long des lignes de chemin de fer du Sud-Ouest et des lignes desservies par la Gare Saint Lazare n'a jamais cessé de me surprendre. D'autant plus qu'il disparaissait parfois jusqu'à la limite du départ du train et qu'il nous rejoignait après avoir remonté les couloirs des wagons, à mon grand soulagement et dans le plus grand calme de ma grand-mère qui s'y était habituée. 



Vue d'Hendaye

Nouveau changement de train pour franchir le pont international, Irun et le passage de la frontière : je note avec étonnement « pagaille et bousculade », ce qui doit indiquer que les contrôles policiers étaient encore intense en 1960. 

La côte espagnole nous permettra d'aboutir au but ultime : San Sebastian où nous coucherons à l’hôtel.

Et je décris enfin, une promenade du soir vers la côte illuminée, ainsi que la vision du Sacré Cœur, statue qui surgit de la nuit au faîte de la montagne.

Que d’émotions rétrospectives !



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