Fin de parcours, du 23 au 25 août, en passant par Bordeaux
Je regrette bien sûr
de ne pas retrouver les photographies de ces journées, si jamais certaines ont
été prises, ce qui n’est pas certain. Mai je ne peux que me fier aux cartes
postales et aux sites internet actuels.
Programme retrouvé :
« La plage de la concha et la découverte intégrale de sa forme de coquille depuis les hauteurs du Mont Igueldo ».
Un beau programme pour touristes !
Mais, bien plus que touriste, mon grand-père était véritablement comme chez lui dans cette ville dont il parlait la langue avec son accent chantant. Un accent que j’ai encore dans l’oreille.
J’avais en
revanche oublié une rencontre dont je retrouve la trace écrite avec surprise :
« Nous avons
rencontré des habitants d’Algérie (Oran), agriculteurs qui se promenaient en compagnie
de « felhas » qui parlaient arabe (je respecte les termes que j’ai
employés à l’époque). Ils nous ont exposé les problèmes de leur pays. »
On imagine aisément ce
que mes mots voulaient dire, sans vraiment oser le dire, deux années avant les Accords d’Evian.
Si je suis heureux de
sentir, malgré la distance du temps, l’odeur des sardines grillées sur le port,
accompagnées d’un vin blanc que je n’ai certainement pas dû partager, je revis
aussi l’élan du décalage horaire des repas en Espagne, décalage que je ne cesse de souligner dans mes commentaires étonnés.
Mais le 24 août il
fallait déjà retourner à Bordeaux, en rejoignant d’abord Hendaye par « AlTopo » ... « un vieux tramway célèbre pour son non-conformisme du
point de vue des horaires et par ses mouvements pendulaires de tangage et de
roulis. »
Fin de soirée dans l’appartement
de mon grand-père cours de l’Argonne.
De cette ville, où je me suis arrêté assez souvent, surtout dans les années où je suivais régulièrement à Terrasson les rencontres européennes des jardins en suivant la vallée de la Vézère, j’ai immédiatement aimé « Le
port, la Gironde, ses grues et ses bateaux de commerce, la Place des Quinconces
et le Grand Théâtre. »
Appel de l'au-delà des mers, vers l'Amérique hispanique, mais aussi du rapport historique avec la Grande-Bretagne.
Tout ces détails,
écrits au stylo, font certainement très « clichés touristiques »,
mais ils ancrent bien mon amour de la ville et l’envie d’y retrouver de manière
diffuse un plat d’anguilles (« découvert à l’Ecu d’Argent dont j’ai
gardé l’adresse »), mais qui se nomme peut-être aujourd’hui « Le
Pressoir d’argent ».
Claudia se souviendra
certainement que j’ai aimé y retrouver avec elle ce plat unique et rare des civelles (ou « pibales »
en gascon), alevins d’anguilles qui ont malheureusement fait l’objet d’un
trafic (+).
Après ce repas nostalgique, le retour par « le train express vers Paris pour cinq heures et demie de voyage »,
un record pour l’époque où on ne connaissait pas encore le TGV, mais où cette
ligne, sans obstacles majeurs et tellement prisée de mon grand-père, jouissait
d’une réputation presque européenne.
« Quand nous
sommes passés, les châteaux de la Loire n’étaient pas illuminés, sauf Amboise. »
A Colombes, accueil de
mes parents qui n’avaient reçu nos cartes postales et nos lettres de Lourdes et
d’Espagne que le matin de notre retour et qui « étaient inquiets de notre
sort. »
Mais les vacances n’étaient
pas encore terminées !
(+) Historiquement, ce mets
constituait le plat du pauvre. Puis, pendant des décennies, l’alevin de
l’anguille a alimenté un trafic parfois international, le prix de vente se
négociant jusqu’à 4 000 euros le kilo sur le marché noir en Asie.
Aujourd’hui, sa pêche est réglementée.




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