Fin de vacances d’été 1960. Retour à Bonneuil. Le charme des Citroëns
De gauche à droite : Ma grand-tante Mélanie (Scellier née Aube), mon grand-oncle Camille Scellier et ma grand-mère Eugénie (Scellier née Aube)
Comme je le constate à
nouveau, les vacances d’été dans les années 50 et 60 s’étalaient sur de longues
semaines. Une chance d’avoir des parents disponibles pendant tout le mois de juillet
et des grands-parents paternels et maternels disponibles pour prendre le relais.
Sitôt revenu d’Autriche,
j’étais reparti vers l’Espagne, avec des épisodes non loin des bords de Marne,
du temps où les fermes bordaient encore les champs prolongés jusqu’aux limites
de Paris.
Une sorte de banlieue
verte à laquelle on songe de nouveau dans un rêve vertueux qui se nommera de
manière hypocrite, dans un slogan sans véritable contenu : « Paris
à la campagne ».
Dès le 29 août, un
lundi, jour de congé de ma maman, retour à Bonneuil avec toutefois, « un
petit bout de chemin à pied dans Paris : « de Saint Lazare à l’Opéra
», ce qui n’est pas un exploit, mais évitait un changement de ligne de métro.
Même si je ne le
précise pas, le chemin était immuable : métro jusqu’à Charenton-le-Pont,
puis autobus jusqu’à un arrêt qui permettait de gagner directement la rue
Anatole France (écrivain que je bénis au passage pour qu’on ne l’oublie pas).
Dès le mardi, je note la visite rituelle de la sœur de ma grand-mère maternelle, Mélanie, de son mari Camille, frère de mon grand-père maternel.
Ce grand-oncle viendra en fin d’après-midi pour dîner après avoir
fermé son atelier de mécanique situé à Joinville-le-Pont et de leur petit-fils, mon
cousin Jean-Claude dont Florent vient juste de m’apprendre le décès au début de
l’an passé.
Le pauvre a dû subir « une
présentation de mes photos de vacances » : les diapositives d’Autriche,
je suppose. Heureusement « nous avons joué ensemble malgré la pluie ».
A quoi, mystère ?
Mon oncle, qui
travaillait pour la sous-traitance automobile avait acquis une D.S., cette
voiture de rêve produite entre 1955 et 1975 et dans laquelle circulait le
Président de la République le jour de l’attentat du Petit Clamart.
Les deux frères
étaient fidèles depuis les années trente à la marque Citroën pour laquelle ils ont
travaillé dans la banlieue sud, après avoir quitté l’industrie aéronautique de la
banlieue nord, dont les usines étaient situées dans le quartier où j’habite aujourd’hui.
La différence entre
les deux frères tenait au fait que mon grand-père était resté à la Traction Avant, une automobile qui est restée fameuse grâce à sa présence dans
les films de gangsters ou de ceux qui montrent les poursuites entre la police de
Vichy et les résistants, dans les années quarante.
Une voiture, si
confortable et emblématique, que ma grand-mère l’a conservée et nettoyée
méticuleusement après le décès de son mari en 1949.
Un vrai jouet grandeur
nature que je savais apprécier en montant à la place d’un conducteur condamné à
l’immobilité et en serrant très fort le volant toujours brillant.
Avec sa suspension hydraulique, la DS me bluffait à chaque fois qu’elle se haussait du col avant de démarrer. Une certaine marque de réussite sociale à laquelle il me semblait participer à chaque fois que je savourais le plaisir d’y monter pour une promenade familiale le long de la Marne.
Ceci dit, j’aimerais
tout autant la 2CV que mon grand-père Penette acheta pour sa retraite, mais qu’il
ne conduisit que sur quelques centaines de kilomètres, sans avoir vraiment eu
le temps de la roder et après que les examinateurs, lassés de le recaler pour
la dixième fois à l’examen du permis de conduire, lui accordent enfin le
précieux sésame que, très franchement, il n’aurait jamais dû recevoir.
Un véritable danger public !
Celle-ci également, je me suis aussi souvent assis à la place du conducteur et j’ai actionné avec fierté la petite molette qui permettait de manœuvrer les essuie-glaces qui ne fonctionnaient que lorsque la voiture se déplaçait. Mais le manche étrange et les tirettes qui permettait de mettre en branle cette étrange machine restent certainement aujourd'hui autant risibles qu'inimaginables !
Mais cette voiture là, aussi exotique qu'elle puisse paraître, j’en ai eu besoin quinze années plus
tard, entre des accidents qui m’ont privé des véhicules allemands à la mode
desquels j’avais cédé. Un apprentissage de la lenteur puisqu'elle ne dépassait pas les 80 km/h dans les descentes !
A bien le mesurer avec recul, j’ai toujours eu un rapport conflictuel avec les automobiles que j’ai fini par abandonner il y a dix ans, faute d’avoir gardé l’intégralité de mon champ visuel.
Mais elles continuent toujours à apparaître en contrebande dans mes rêves de parcours européens.
En Mercedes, noblesse luxembourgeoise oblige !






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