Septembre 1960. On ne sort toujours pas des vacances : De Gaulle, la Russie et les autres

 



Ce même lundi où ma maman était venue à Bonneuil-sur-Marne, j’avais écouté le matin « la musique de ballet du Faust de Gounod », mais la fin de la journée était plus politique :

« La conférence de presse du Général de Gaulle que j’ai trouvée très juste et très belle. En effet, elle donne des avertissements à beaucoup de nations qui en ont besoin. A la Russie belliqueuse de « K », aux Nations dites Unies qui se mêlent mal à propos de certaines affaires, à celles qui critiquent la France mais qui, sans elle, ne seraient rien et à l’OTAN qui est maintenant désuet et dépassé. Elle est belle, car le général reste ferme dans sa conduite de l’Algérie vers l’autodétermination et répond aux attardés qui croient encore que parce qu’il fait des pourparlers avec le G.P.R.A., il oublie pour autant les attentats inutiles et sanglants qui marquent tous les jours les faits divers des journaux et consternent les Français. »

Si le début aurait pu être extrait d’une déclaration du Président Macron datant de son premier quinquennat, le reste me laisse à penser que j’étais un peu marabouté par l’information bien contrôlée ces années-là par le ministre en charge et par une radio et une télévision françaises aux ordres.

Ceci dit, je dois avouer que je ne renierai jamais dans les années suivantes l’esprit de décolonisation du Général, pas plus que le souhait d’assurer l'indépendance stratégique de la France.  

Je suis impatient de relire les carnets de 1962 et encore mieux, ceux de 1968 où ma perception du Général a singulièrement évolué.




Plus calme, une « belle soirée musicale avec Igor Oïstrakh dans la sonate à Kreutzer de Beethoven, la chaconne de Bach et du Khatchatourian. »

Un rappel rétrospectif des contradictions continues entre la méfiance – voire plus – envers l’URSS puis envers la Russie et l’admiration portée à ses écrivains, ses musiciens en général et ses artistes vivants en particulier, dont beaucoup, à l'époque, comme aujourd'hui oscilleront entre condamnation du régime et protection d'une carrière internationale, vitrine culturelle d'un régime autocratique.

J’ai eu le plaisir d’assister dans ces années-là à un concert des deux frères violonistes, Salle Pleyel, grâce à mon abonnement aux « Activités musicales des jeunes » que mon professeur de musique nous avait recommandé. 

Je n’ai malheureusement pas gardé le programme, mais j’ai vraiment l’impression, qu’entouré de ma grand-mère et de mon grand-père Penette, ce concert ne date seulement que de quelques semaines.  

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