3 novembre 1960. Deux actualités qui m'ont marqué, dont une suite de l'histoire républicaine gaulliste.
Entre les vacances de septembre et le début du mois de novembre, je découvre un grand espace blanc. Trop de loisirs ou trop de solitude ? Le lycée me manque-t-il à ce point ?
Une seule exception pour le lundi 31 octobre où je me félicite d'un parcours dans Paris, depuis le Théâtre de l'Odéon, par les Jardins du Luxembourg, les Invalides, la Concorde, la Madeleine et la rue Tronchet. Un grand classique si je puis dire, mais un lundi exceptionnel pour mon père car d'habitude, il travaille ce jour-là. Mais je constate que nous sommes à la veille de la Toussaint.
L'explication est là, sur la page suivante :
"Pour ce jour de la vénération des morts, les programmes de la radio étaient surtout composés de musique pour orgue."
De fait, en ce lundi, mes parents m'ont offert "Un très beau pardessus". J'ai l'air d'en être très satisfait.
Mais, deuxième reprise d'écriture, le mercredi, de nouveau à Paris :
"Une journée théâtrale où je me suis abonné à la revue "Théâtre" et où je suis allé à la Salle Pleyel prendre des renseignements sur les concerts à venir."
"Je me suis ensuite rendu (avec ma grand-mère paternelle, cela va de soi) jusqu'au Trocadéro pour louer des places au TNP."
Toutefois, au-delà de l'anecdote, le jeudi suivant 3 novembre devait rester dans l'histoire triste de la musique et dans l'histoire sombre de la France.
Dans les intervalles, ou des pauses, à l'intérieur d'une rédaction de six pages et demie. Sur quel sujet ? Je ne sais pas ! Mais j'y place deux événements :
"Un hommage au chef d'orchestre Dimitri Mitropoulos, né à Athènes et que j'ai vu diriger au Festival de Salzbourg la Symphonie Pathétique de Tchaïkovski. Il est mort mercredi à l'âge de 64 ans d'une crise cardiaque."
Mais surtout : "L'ouverture à Paris du "procès des barricades d'Alger" de janvier-février qui avaient été élevées et menées comme une révolte populaire par le duo Lagaillarde et Ortiz. Ils sont inculpés d'attentat à la sureté intérieure de l'état."
Le temps de la curiosité et de l'éducation prend sa place.
Il s'insinue entre des remous du monde - qui sont déjà venus habiter ces pages de jeunesse - et la vie quotidienne parisienne.
Je constate, une fois de plus, mais avec tout de même un certain étonnement rétrospectif, que mes intérêts culturels sont permanents.
Attendons pour les jours suivants le compte-rendu des spectacles dont les place ont été réservés.


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