En attendant Noël avec impatience. Le dimanche 11 décembre 1960.
Le temps s'étire et les journées sont répétitives. La liste journalière des cours est heureusement interrompue par des sorties, entre les vacances de novembre et l'approche de Noël.
Je dessine chaque jour une bougie qui semble consumer les dates. Une habitude que j'adopterais chaque années, démontrant ainsi combien cette fête familiale avait du sens et ponctuait, autant que les voyages d'été, une sorte de progression sensible et invisible vers le futur.
Le 9 décembre, je me laisse séduire par un conte de Noël "Les trois messes basses" et par "Les contes du lundi" d'Alphonse Daudet. Le premier me rattache à mon grand-père Penette puisque c'est avec lui que j'ai enregistré sur une bande magnétique ce dialogue entre un prêtre qui doit célébrer les traditionnelles cérémonies de la Fête de la Nativité, mais se laisse détourner de son triple office par un repas tentateur et son bedeau diabolique habité par l'esprit du diable. Le second, un recueil, me relie à mon arrière grand-mère Paul, qui avait douze ans lors de la sortie de l'ouvrage qui porte en grande partie sur la guerre franco-prusienne qu'elle avait vécue directement trois ans auparavant, et dont elle me fera témoignage, comme des deux autres guerres qu'elle devra traverser.
Mais le 11 est "Une journée mêlée de tristesse et de gaîté".
Merveille : "Je suis allé au concert écouter "Daphnis et Chloé", musique de ballet de Maurice Ravel et la 9ème symphonie avec choeurs de Beethoven" exécutés par les Concerts Colonne dirigés par Pierre Dervaux.
Drame artistique : "La mort de Mado Robin, la cantatrice ayant les notes montantes les plus hautes du monde. Une artiste incomparable. Tous la pleurent comme une grande amie disparue et comme une présence indispensable."
L'air des clochettes de "Lakmé" ou "La chanson d'Olympia" témoignent encore aujourd'hui de son incroyable puissance vocale.
Dame géopolitique : "A Alger, de nouveaux drames ont éclaté. Depuis quelques jours, les gens s'agitaient mais aujourd'hui, les activistes français et les musulmans se sont affrontés et la troupe a dû ouvrir le feu."
Comme on le voit depuis plusieurs posts de 1960, la guerre s'intensifie. Le lendemain, je note : "Le bilan d'hier est de 61 morts et 400 blessés."



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