Noël 1960 approche : du 21 au 23 décembre.




Antigone de Sophocle. T.N.P. Festival d'Avignon. Archives Maison Jean Vilar.


Le 21 décembre méritait d'être mentionné, puisque c'était la journée "libre", avec un électrophone dans toutes les classes et des disques en anglais, en allemand et bien entendu en cours de musique.

"Mais rien de tout cela en mathématiques, tout au contraire : une interrogation écrite en guise d'adieu !" Le remplaçant du professeur habituel ne laissera donc aucun souvenir, à part le fait que c'est lui que nous aurions aimé remplacer.

C'est le dernier jour de classe de l'année !

Est-ce que je mentionne le film du soir  au Colombes Palace? Il est tout de même resté dans les annales : il s'agit des "Vieux de la Vieille" de Gilles Grangier avec Noël Noël, Jean Gabin et Pierre Fresnay. On peut le revoir sur internet (une heure trente en vidéo libre), je ne donnerai donc pas mon opinion de l'époque, mais c'est un vrai témoignage historique. Il est, de fait, devenu "culte" !





A part le fait que le jeudi 22 j'ai construit des mangeoires pour les oiseaux, la visite d'un Monsieur Miguel sur qui je fais plein de compliments, en partie parce qu'il m'a fait un cadeau : "La maquette de la Santa Maria, la caravelle de Christophe Colomb... quelle tendresse de coeur, quelle bonté. De tels hommes méritent d'être connus et aimés plus qu'ils ne le sont."

Il me semble que ma réflexion enthousiaste tient en partie au fait que j'avais senti qu'en tant qu'Espagnol, il était un peu méprisé.

Je n'ai pourtant rétrospectivement aucun souvenir de cet homme ! Certainement un ami de mon grand-père Penette.

Ce même jeudi, de nouveau une pièce de théâtre au T.N.P. qui semble, à juste titre, devenu une référence.

Un grand classique : l'Antigone de Sophocle, présentée la même année au Festival d'Avignon.

"Nous avons voulu inviter le spectateur – et mieux encore : l’auditeur, à réfléchir. Agir sur lui en excluant de notre travail le “numéro” de metteur en scène ou d’acteurs, et en laissant tomber le “frisson tragique”. Agir sur sa réflexion par la leçon claire de l’œuvre, par une conduite lente, mesurée et sans cris – dits tragiques – de cette leçon. Provoquer la réflexion du spectateur et non pas jouer sur ses nerfs ni sur ses facultés émotives.
Une fois encore, il s’agissait d’instruire ce public sans l’ennuyer ; de le séduire donc, mais par les moyens les plus simples et les plus raisonnables du théâtre ; d’en appeler à sa clairvoyance de préférence à ses passions.
[…] Quel intérêt peut avoir pour ce public l’œuvre de Sophocle ? Elle l’invite à réfléchir sur les conséquences que comporte le respect absolu des lois civiques. Appliquées à la lettre et donc loin parfois de l’esprit qui les a fait naître, elles aliènent plus qu’elles ne préservent l’homme, elles tuent plus les individus qu’elles n’aident à vivre en société. Et ceci quel que soit le régime où ces lois pèsent…
Antigone invite à réfléchir sur le respect dû à des lois généreuses, “qui ne sont pas écrites”, qui n’ont jamais été écrites et qui ne le seront sans doute jamais. Ce sont les lois d’humanité
." déclare l'acteur et metteur en scène de cette pièce, Jean Vilar.



Jean Vilar. Archives INA.


Le Monde du 15 décembre affiche son admiration : 

"Il est constant que la tragédie gagne à être jouée en plein air. Le contraire vient de se produire pour l'Antigone, du T.N.P. Alors que sa création, l'été dernier, à Avignon, laissait beaucoup à désirer, la reprise qu'affiche le Palais de Chaillot est à peu près irréprochable et offre la plus belle soirée d'art tragique de la saison."

A côté, mon commentaire est plus scolaire et reflète le fait qu'on avait étudié la pièce en classe de français. 

Toutefois, j'écris : 

"On sent que ces personnages pourraient représenter un tyran français, allemand ou mondial de notre époque. Ces sentiments sont valables dans notre monde et c'est ce qui fait  l'intérêt de la pièce magnifiquement jouée." 

Jouée en effet par : Georges Wilson, Christiane Minazzoli, Mario Pilar, Georges Riquier, Jean Vilar lui-même et "Un choeur s'adaptant bien à la musique  d'André Jolivet".

J'allais ajouter : excusez du peu. Une vraie page d'histoire du théâtre ! 


Références complètes :

Mise en scèneJean Vilar
InterprétationJean Mauvais (soldat)
Christiane Minazzoli (Ismène)
Jean-Paul Moulinot (messager)
Mario Pilar (Hémon)
Marcelle Ranson (Eurydice)
Georges Riquier (Tirésias)
Catherine Sellers (Antigone)
Jean Vilar (Le coryphée)
Georges Wilson (Créon)
Figurationle chœur
René AlonePhilippe AvronLaurent BrancazWilly BrunoJacques Champreux
René ChauvautPhilippe DehesdinJacques DelroisseJean-Pierre DuclosClaude Evrard
Jacques FameryJean MondainJean ObéPierre Ory
CostumesGustave Singier
LumièresPierre Saveron
SonMaurice Coussonneau
Direction vocaleRoger List
MusiqueAndré Jolivet
ConstructionJacques Le Marquet
Réalisation des costumesAlyette Samazeuilh
Régie généraleRené BessonJean-Jacques de KerdayMarcel Magnat
RégieAndré BatailleJean Beaufort








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