Noël 1960 approche : du 21 au 23 décembre.
Le 21 décembre méritait d'être mentionné, puisque c'était la journée "libre", avec un électrophone dans toutes les classes et des disques en anglais, en allemand et bien entendu en cours de musique.
"Mais rien de tout cela en mathématiques, tout au contraire : une interrogation écrite en guise d'adieu !" Le remplaçant du professeur habituel ne laissera donc aucun souvenir, à part le fait que c'est lui que nous aurions aimé remplacer.
C'est le dernier jour de classe de l'année !
Est-ce que je mentionne le film du soir au Colombes Palace? Il est tout de même resté dans les annales : il s'agit des "Vieux de la Vieille" de Gilles Grangier avec Noël Noël, Jean Gabin et Pierre Fresnay. On peut le revoir sur internet (une heure trente en vidéo libre), je ne donnerai donc pas mon opinion de l'époque, mais c'est un vrai témoignage historique. Il est, de fait, devenu "culte" !
[…] Quel intérêt peut avoir pour ce public l’œuvre de Sophocle ? Elle l’invite à réfléchir sur les conséquences que comporte le respect absolu des lois civiques. Appliquées à la lettre et donc loin parfois de l’esprit qui les a fait naître, elles aliènent plus qu’elles ne préservent l’homme, elles tuent plus les individus qu’elles n’aident à vivre en société. Et ceci quel que soit le régime où ces lois pèsent…
Antigone invite à réfléchir sur le respect dû à des lois généreuses, “qui ne sont pas écrites”, qui n’ont jamais été écrites et qui ne le seront sans doute jamais. Ce sont les lois d’humanité." déclare l'acteur et metteur en scène de cette pièce, Jean Vilar.
Le Monde du 15 décembre affiche son admiration :
"Il est constant que la tragédie gagne à être jouée en plein air. Le contraire vient de se produire pour l'Antigone, du T.N.P. Alors que sa création, l'été dernier, à Avignon, laissait beaucoup à désirer, la reprise qu'affiche le Palais de Chaillot est à peu près irréprochable et offre la plus belle soirée d'art tragique de la saison."
A côté, mon commentaire est plus scolaire et reflète le fait qu'on avait étudié la pièce en classe de français.
Toutefois, j'écris :
"On sent que ces personnages pourraient représenter un tyran français, allemand ou mondial de notre époque. Ces sentiments sont valables dans notre monde et c'est ce qui fait l'intérêt de la pièce magnifiquement jouée."
Jouée en effet par : Georges Wilson, Christiane Minazzoli, Mario Pilar, Georges Riquier, Jean Vilar lui-même et "Un choeur s'adaptant bien à la musique d'André Jolivet".
J'allais ajouter : excusez du peu. Une vraie page d'histoire du théâtre !
Références complètes :
| Mise en scène | Jean Vilar |
|---|---|
| Interprétation | Jean Mauvais (soldat) |
| Christiane Minazzoli (Ismène) | |
| Jean-Paul Moulinot (messager) | |
| Mario Pilar (Hémon) | |
| Marcelle Ranson (Eurydice) | |
| Georges Riquier (Tirésias) | |
| Catherine Sellers (Antigone) | |
| Jean Vilar (Le coryphée) | |
| Georges Wilson (Créon) | |
| Figuration | le chœur |
| René Alone, Philippe Avron, Laurent Brancaz, Willy Bruno, Jacques Champreux | |
| René Chauvaut, Philippe Dehesdin, Jacques Delroisse, Jean-Pierre Duclos, Claude Evrard | |
| Jacques Famery, Jean Mondain, Jean Obé, Pierre Ory | |
| Costumes | Gustave Singier |
| Lumières | Pierre Saveron |
| Son | Maurice Coussonneau |
| Direction vocale | Roger List |
| Musique | André Jolivet |
| Construction | Jacques Le Marquet |
| Réalisation des costumes | Alyette Samazeuilh |
| Régie générale | René Besson, Jean-Jacques de Kerday, Marcel Magnat |
| Régie | André Bataille, Jean Beaufort |



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