Une fin d'avril 1961 particulièrement historique (1). Du sang, des larmes et des discours fermes ou alarmants.
J'avais dit "historique".
Et je confirme.
A la lecture du carnet, certains des épisodes me reviennent non seulement en mémoire, mais m'apparaissent extrêmement vivants et encore très proches.
23 avril : "Après un orage, la fin de la journée était très belle avec l'apparition des hirondelles.
La voix si consciente du chef de l'état a parlé le langage de la raison : il a montré quelles seraient les vicissitudes nouvelles que le pays pourrait de nouveau traverser lors d'une prise du pouvoir des factieux. Et il prend ainsi es "pleins pouvoirs" pour combattre avec force"
Je note aussi des incidents majeurs : "Quatre bombes au plastique à Paris (Orly, un mort et vingt millions de dégâts, Gare d'Austerlitz, six blessés, Gares de Lyon et Montparnasse).
Le général Salan est arrivé avec les mutins, ainsi qu'Ortiz.
Réponse de De Gaulle :
"Français, voyez où risque d'aller la France par rapport à ce qu'elle allait devenir. Français, aidez-moi !"
Ce sont les paroles d'un homme trahi et bafoué."
24 avril : "Tout était calme cette nuit à la maison, tandis que sans qu'on le sache, Monsieur Debré faisait à 23 heures un appel à la population. Les paras allaient débarquer : "Barrez leur les chemins !"
Les chars ont été placés aux points stratégiques des portes de Paris. Les aérodromes ont été mis hors service et la DCA installée. A Alger, sans doute prévenus, les "rebelles" ne sont pas allés plus loin.
Plus clairement, nous avons frôlé la guerre civile et le peuple métropolitain, conscient, a répondu massivement à l'appel vibrant.
Des volontaires se sont engagés pour la nuit ou pour plusieurs jours. Les mêmes mesures ont été prolongées ce soir, après les décisions draconiennes envers les insurgés prises par le Conseil des Ministres.
25 avril : "Journée plus modérée, juste coupée par des discours : Monsieur Debré au Palais du Luxembourg, les ministres de l'information et des armées et enfin, le nouveau commandant des forces algériennes, le Général Olié.
Soirée nuancée car les nouvelles en provenance d'Alger sont très confuses. Des combats se seraient déroulés ???"
26 avril : C'est fini, De Gaulle a gagné ! Lors d'une nuit calme, le drame s'est dénoué. Le général Challe s'est rendu. Sallan et Jouhaud sont en fuite et Zeller a disparu cette nuit.
C'est d'abord à minuit la réponse retransmise par la RTF puis des coups de feu tirés contre des militaires qui ont riposté et enfin, la prise de la délégation générale par les troupes fidèles au Chef de l'Etat.
Partout, c'est le soulagement sans limite !"
"Historique", c'est certain. Une marque indélébile pour mes quinze ans, même si je ressens les difficultés à s'informer à cette époque où seul la radio de mes parents m'informait !
Des journées de bascule !






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